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Forme et puissance au jeu de Padduk (Go - Weiqi)

mars 23rd, 2008

[Argument et plan de l’exposé prévu au “Mardi de Shiwol” le 8 avril 2008, 19h30, lieu à déterminer - sur un jeu mentionné ici et dans la littérature de Shiwol]

Au jeu de Go comme dans les arts martiaux, et comme aussi dans la stratégie en général, la notion de puissance ou de force n’a aucun sens en dehors du temps et de l’espace. On appellera forme la manière dont une puissance s’inscrit et s’enchaîne dans un temps-espace.

La forme temps-espace qu’on donne au geste (ou aux opérations) permet dans les arts martiaux (ou dans l’art stratégique) d’acquérir une plus value de puissance. Dans l’art stratégique, c’est même l’une des ressources les plus caractéristiques des forces faibles que de savoir au moins égaliser en puissance en face de dispositifs armés tenus pour insurpassables : là où le plus fort ajoute en intensité, le faible gagne en profondeur, et quand l’un recherche l’instantané de la décision, l’autre sait faire usage du temps et se déploie dans la durée. De sorte qu’un art stratégique considère comme une contradiction dans les termes la notion de « force brute ». En ce sens, Lao Ze fait de la différence du fort et du faible un thème essentiel d’une pensée entièrement tournée vers les arts de la vie (éventuellement stratégiques) :

Quand l’homme vient au monde, il est souple et faible ; quand il meurt, il est roide et fort
Quand les arbres et les plantes naissent, ils sont souples et tendres ; quand ils meurent, ils sont secs et arides.
La roideur et la force sont les compagnes de la mort ; la souplesse et la faiblesse sont les compagnes de la vie.
C’est pourquoi, lorsqu’une armée est forte, elle n’emporte pas la victoire.
Lorsqu’un arbre est devenu fort, on l’abat.
Ce qui est fort et grand occupe le rang inférieur ; ce qui est souple et faible occupe le rang supérieur.

[Tao Te King, II, 76, Trad. Stanislas Julien]

Les parallèles du jeu de Go et des arts martiaux peuvent soutenir cette réflexion de bien des manières. On se contentera, dans la séance prévue, et une fois rendus sensibles les éléments simples qui forment la base du jeu de Go, de décrire les formes remarquables de son effectuation selon les enjeux qui animent une partie, et qui font l’objet, de la part des joueurs, d’une étude permanente.

Plan de l’exposé :

I. Présentation du Go
II. Formes remarquables
1. Groupes et libertés
2. Formes stratégiques (Fuseki)
3. Formes tactiques (Chuban)
III. Commentaire d’une partie historique :
Honinbo Dosaku (blancs) / Yasui Shunchi (Noirs, 2 pierres), partie jouée du 19 novembre 1683 au 5 janvier 1684 au Palais du Shogun.

En vidéo, ci-après, extrait d’une présentation du jeu de Go par Frédéric Donzet, cinéaste, et joueur de haut niveau :


Présentation du jeu de Go
envoyé par DidierK

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